L'Égypte antique et les voyageurs

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Après les voyages et descriptions des Anciens, la mémoire du passé égyptien disparaît progressivement : les antiquités du pays commencent à être pillées et on ne le parcourt désormais que par rapport aux sites bibliques ou comme étape le long d’un pèlerinage.

Au XVIIe siècle, émergent les témoignages de missionnaires ou de nobles aisés, tel François Le Gouz de la Boullaye (1623-1668), qui reçoit la charge d’ambassadeur par Louis XIV pour la compagnie des Indes orientales. Lors d’un périple en Inde, il passe par l’Égypte et dans ses mémoires s’attarde sur les trois grandes pyramides et le Sphinx, illustrés d’une manière naïve par les gravures qui accompagnent la première édition de son récit. Il s’émerveille à la vue de la pyramide de Khéops, « ce superbe édifice qui passe tout ce qu'il y a au reste du monde…faite de 4 456 294 pierres ».

 

      

 

Avec l’humaniste néerlandais Olfert Dapper (1639-1689), la Description de l’Afrique devient un voyage virtuel composé à partir de l’étude de toutes les sources existantes. Néanmoins, son spectaculaire paysage peuplé de pyramides met en avant la glorieuse et énigmatique histoire égyptienne. Cette vision semble s’inspirer de gravures hollandaises et, pour la forme pointue des monuments, de la pyramide romaine de Cestius.

 

   

 

Jean de Thévenot (1633-1667), linguiste et botaniste, est un voyageur guidé par une grande curiosité, connu pour avoir introduit le café à Paris en 1657. En 1656, il visite plusieurs sites égyptiens : Rosette, Le Caire, les pyramides… À Saqqarah, au « village des Momies », il achète un sarcophage et se montre intrigué par les corps embaumés. Ce souvenir est immortalisé dans une gravure de l’édition du récit de voyage de 1689.

 

    

 

Vers la fin du XVIIIe siècle, l’Égypte devient une destination plus fréquente.

Claude Savary (1750-1788), voyageur par plaisir, séjourne au Caire de 1776 à 1779 travaillant à une traduction du Coran. Ses Lettres sur l’Égypte (1785-1786) comportent des citations des Anciens et de récits antérieurs, ainsi que des descriptions séduisantes des paysages aux bords du Nil. Cette vision pittoresque est contrebalancée par un autre succès de librairie, le Voyage en Syrie et en Égypte du philosophe Volney (1757-1820), un traité plus didactique sur l’état politique et économique du pays. Donnant un cadre objectif et critique, cet ouvrage, publié en 1787, devient un repère pour les membres de l’expédition napoléonienne en Égypte.

 

 

Pionnier de l’égyptologie, Giovanni Belzoni (1778-1823) nous introduit à la grande époque des explorateurs et, en même temps, aux pillages répétés des antiquités égyptiennes. Voyages en Égypte et en Nubie (traduit en français en 1821) raconte ses aventures : le transport d’un buste colossal de pharaon (Ramsès II, envoyé à Londres) par le Nil depuis Thèbes, la découverte du temple d’Abou Simbel et l’ouverture de la pyramide de Képhren à Gizeh.