Les rites funéraires

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Si l'écriture permet de conserver les éléments dignes de mémoire dans le monde des vivants, elle joue un rôle fondamental dans le monde funéraire. Écrire le nom du défunt, c'est lui donner vie. Le défunt est ainsi accompagné de formules destinées à le protéger et le guider dans son voyage vers l'au-delà (rouleaux de papyrus, bandelettes de momie inscrites et scarabée de cœur) et il est équipé d'un trousseau funéraire pour l'y accompagner.

 

 

Dans ce trousseau, les ouchebtis, aussi nommés chabtis ou chaouabtis, sont des statuettes représentant le défunt, souvent momiformes. Elles ont été confectionnées dans différents ateliers et selon diverses techniques dès le Moyen Empire et ce, jusqu'à la fin de l'Antiquité égyptienne. Ces ouchebtis sont chargés d'assurer au nom du défunt les corvées qui l'attendent dans la nécropole.

 

 

 

Focus sur une œuvre : le chaouabti de l'osiris Méretch-Imen

Parmi les antiquités présentées lors de l’exposition Du papyrus à la photographie. L’Égypte en volumes et en images figure cette statuette funéraire en faïence bleue du musée d’archéologie méditerranéenne de Marseille (inv. 5181). Le défunt, jambes enserrées dans un linceul, est coiffé d’une perruque tripartite ceinte d’un bandeau. Les bras tiennent chacun une houe et sont croisés sur la poitrine, à l’instar des momies. Reproduits en série, ces serviteurs funéraires, appelés « chaouabti », étaient chargés d’accomplir les corvées dans l’au-delà à la place du défunt, notamment les corvées agricoles. Une colonne d’inscription en hiéroglyphes révèle que ce chaouabti appartenait à « l’osiris » (ainsi qu’est appelé tout défunt, assimilé au dieu des morts Osiris) « Méretch-Imen », que l’on traduit par « Bien-aimé d’Amon », ce nom étant attesté dès le Nouvel Empire (1550-1069 av. J.-C.). 

 

Focus sur une œuvre : le Cône funéraire de Nebenhâaou

 

Probablement daté de la XVIIIe dynastie (1550-1295 av. J.-C.), ce cône funéraire provient certainement de Gournah, une nécropole thébaine située sur la rive occidentale du Nil.

Son inscription, en partie effacée, a pu être reconstituée grâce à des cônes identiques conservés aux musées du Caire, d'Orléans, de Strasbourg  ou encore à l'University College de Londres. Le texte fournit le nom du défunt auquel il est consacré : « Le scribe royal Nebenhâaou surnommé Ii ».

Confectionnés en terre cuite moulée et ensuite estampée d'un sceau au nom du défunt, ces cônes produits en séries étaient typiques des nécropoles thébaines où on les retrouve en grand nombre.

Si leur usage a fait longtemps débat, on s'accorde aujourd'hui sur le fait qu'ils étaient encastrés dans la façade des tombeaux, disposés en frises décoratives au-dessus des entrées. Ils servaient à « faire vivre le nom » du défunt.